
Alors que la situation sécuritaire et humanitaire continue de se détériorer dans l’Est de la République démocratique du Congo, la France a durci le ton au Conseil de sécurité de l’ONU. Elle met en garde contre toute tentative de résolution militaire du conflit et réaffirme avec force les principes de souveraineté et d’intégrité territoriale de la RDC.
Face à la poursuite des affrontements entre la rébellion de l’AFC/M23, appuyée par le Rwanda selon Kinshasa, et les forces gouvernementales, Paris appelle à un sursaut diplomatique immédiat.
« L’illusion d’une issue militaire doit céder la place à une solution politique »
Prenant la parole lors d’une réunion du Conseil de sécurité consacrée à la région des Grands Lacs, le représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies, Jay Dharmadhikari, a livré une position sans ambiguïté :
« L’illusion d’une issue militaire doit céder le pas à une solution politique pérenne. »
Pour le diplomate français, la reprise des discussions doit impérativement déboucher sur des engagements concrets :
« La reprise des discussions doit se traduire en engagements concrets des parties sur le cessez-le-feu et la situation humanitaire. Nous serons attentifs à ce que les parties s’engagent de bonne foi pour un cessez-le-feu effectif, vérifiable et permanent. »
Il insiste également sur l’urgence humanitaire :
« Nous devons intensifier les efforts pour reprendre les vols humanitaires via l’aéroport de Goma. »
Un appel à la fin des discours de haine et à un dialogue intercongolais
Au-delà des aspects militaires et humanitaires, la France met en garde contre la montée des tensions internes :
« Cette dynamique doit s’accompagner de la cessation de tous les discours de haine mettant en péril la sécurité des civils.»
Paris soutient également les initiatives diplomatiques en cours :
« Nous saluons les consultations initiées par l’Angola et réaffirmons notre soutien aux médiateurs africains et internationaux, notamment l’Union africaine, le Togo, les États-Unis et le Qatar. »
Le diplomate français a rappelé que la résolution 2773 du Conseil de sécurité demeure le socle juridique des efforts en cours :
« Elle demande au M23 de cesser son offensive, aux Forces rwandaises de défense de se retirer du territoire congolais, et à la RDC de neutraliser les FDLR. »
Il appelle à une application stricte :
« Ce Conseil doit veiller à ce que les parties respectent leurs obligations sans délai. »
Dans une déclaration particulièrement ferme, la France a réaffirmé ses principes fondamentaux :
« Le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale congolaise est non négociable. »
Et d’ajouter :
« Il faut lutter contre l’impunité des violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire, et en tenir les auteurs responsables. »
Une diplomatie active mais des tensions persistantes sur le terrain
Malgré l’implication de plusieurs médiations internationales, notamment les efforts conjoints des États-Unis et du Qatar dans les discussions de Doha et de Genève, la situation sur le terrain reste fragile. Kinshasa et Kigali continuent de s’accuser mutuellement de violations des engagements pris.
Le processus de Washington, bien qu’entériné politiquement par les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame, peine à produire des effets concrets.
La conférence de Paris du 30 octobre 2025, co-présidée par la France et le Togo, a permis de mobiliser plus de 1,5 milliard d’euros pour l’Est de la RDC. Une réponse humanitaire d’ampleur face à une crise qui touche près de 28 millions de personnes en insécurité alimentaire.
Mais sur le terrain, les avancées restent fragiles, notamment concernant la réouverture complète de l’aéroport de Goma, pourtant jugée essentielle pour les corridors humanitaires.
Si la communauté internationale affiche une convergence de vues sur la solution politique, la réalité du conflit dans l’Est de la RDC continue de résister aux efforts diplomatiques.
Entre appels répétés au cessez-le-feu, médiations multiples et tensions persistantes, une chose demeure au cœur des positions françaises : la guerre n’est pas une issue.
Et, selon Paris, elle ne le sera jamais.


