
La tension monte d’un cran dans l’est de la République démocratique du Congo, où la présence des rebelles du M23 continue de transformer profondément les dynamiques locales.
Dans le territoire de Kabare, au sein du groupement de Miti, une nouvelle controverse secoue la ferme de l’INERA à Mulungu.
Selon plusieurs sources locales concordantes, il y a deux semaines, les rebelles du M23 soutenus par le Rwanda ont sommé les responsables de l’INERA Mulungu de retirer leur bétail de la ferme.
En cause : leur intention déclarée d’exploiter eux-mêmes cette zone stratégique à vocation agricole et pastorale.
Vendredi dernier, cette menace s’est concrétisée. Un premier convoi de six camions transportant des vaches en provenance du Rwanda est arrivé sur le site.
Depuis, ces bêtes ont été introduites dans les pâturages de l’INERA Mulungu, où elles ont commencé à paître. D’après trois sources locales, d’autres convois seraient attendus dans les prochains jours, laissant présager une occupation durable de cet espace agricole.
Cette situation inquiète fortement les communautés locales et les observateurs.
Elle s’inscrit dans un schéma déjà documenté dans plusieurs territoires du Nord-Kivu, notamment à Nyiragongo, Rutshuru et Masisi.
Dans ces zones, des mouvements de populations et de bétail en provenance du Rwanda ont été régulièrement signalés depuis l’installation du M23.
Aujourd’hui, ce phénomène semble s’étendre vers le Sud-Kivu, soulevant des interrogations sur une stratégie plus large de contrôle territorial et économique.
Un agent de l’INERA Mulungu, contacté sous couvert d’anonymat, confirme ces informations et dénonce une pression croissante sur les infrastructures agricoles locales.
Au-delà de la question sécuritaire, cette évolution pose un défi majeur pour la souveraineté foncière et la sécurité alimentaire dans la région.
L’occupation des terres de recherche agronomique par des acteurs armés et des intérêts extérieurs pourrait fragiliser durablement les capacités agricoles locales, déjà mises à rude épreuve par des années de conflit.
Alors que la communauté internationale suit de près la situation dans l’est de la RDC, cet épisode à Mulungu illustre une nouvelle fois la complexité et la gravité de la crise, où enjeux militaires, économiques et humanitaires s’entremêlent dangereusement.


