
En déplacement dans le Grand Nord de la Nord-Kivu, le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU en RDC, James Swan, a poursuivi ce mardi 21 avril 2026 sa tournée de terrain à Eringeti. Cette visite, la deuxième étape de sa mission dans la région, a été marquée par des échanges directs avec les communautés locales autour de la situation sécuritaire et humanitaire.
Un an après la réinstallation d’une base de la MONUSCO dans la zone, James Swan est venu évaluer l’impact des dispositifs sécuritaires mis en place. Sur le terrain, plusieurs intervenants ont salué une nette accalmie, attribuée notamment aux opérations conjointes menées par les Forces armées de la République démocratique du Congo et l’Uganda People’s Defence Force, avec l’appui des Casques bleus.
Une accalmie fragile
Malgré cette amélioration sécuritaire, les discussions ont rapidement mis en lumière la persistance d’une crise humanitaire préoccupante. Les populations déplacées, nombreuses dans la région, continuent de faire face à des conditions de vie précaires, aggravées par la diminution de l’aide internationale.
Le président de la société civile d’Eringeti, Zawadi Maliro, a lancé un appel pressant pour la reprise de l’assistance humanitaire :
« La MONUSCO nous a aidés avec la construction de sites pour les déplacés, mais cela fait au moins deux ans que nous ne recevons plus d’aide humanitaire. Nous demandons au chef de la MONUSCO d’intercéder auprès des organisations humanitaires pour assister ces populations en vivres et en non-vivres. »
Renforcer la collaboration pour une paix durable
De son côté, le délégué du gouverneur à Eringeti, Evariste Njiamoja Sabiti, a insisté sur la nécessité de consolider les acquis sécuritaires par une coopération renforcée entre les différents acteurs :
« Cela fait plus d’une année que le calme est revenu. Cette relation entre la population, la MONUSCO et les FARDC doit être renforcée pour stabiliser définitivement la région. »
Dans le même esprit, des représentantes des femmes ont plaidé pour la mise en œuvre de projets à impact rapide (QIP), visant à soutenir les femmes déplacées et retournées. Elles estiment que ces initiatives sont essentielles pour favoriser leur autonomisation et renforcer la résilience des communautés.
Entre espoir et défis
La visite de James Swan à Eringeti illustre la volonté des Nations unies de maintenir un dialogue de proximité avec les populations affectées par les conflits. Si les avancées sécuritaires sont saluées, elles restent fragiles face aux défis humanitaires et socio-économiques qui persistent.
Dans cette région longtemps meurtrie par les violences armées, la consolidation de la paix passera autant par la sécurité que par une réponse humanitaire durable et inclusive.


