
Le Comité de Crise pour la Paix et la Sécurité en RDC, qui regroupe 235 organisations de la société civile engagées pour la paix et la protection des populations, lance une alerte concernant le retrait annoncé des forces de défense rwandaises (RDF) du territoire congolais.
Depuis plusieurs jours, des images et informations circulent évoquant des mouvements des RDF dans certaines zones, présentés comme un retrait progressif. Mais pour le Comité, la situation reste floue et inquiétante.
« À ce jour, aucun mécanisme crédible, transparent et indépendant de monitoring, de certification et de vérification n’a été mis en place ni communiqué officiellement », déclare Me Patient Bashombe, modérateur principal du Comité. « Les mouvements observés sont principalement nocturnes, ce qui renforce le doute sur leur transparence. Un retrait véritable devrait être visible et effectué en plein jour. »
Le Comité souligne également l’absence de données précises : le nombre exact de soldats retirés, les unités concernées et leur destination réelle demeurent inconnus. Cette opacité nourrit la crainte d’un redéploiement stratégique déguisé.
« Un retrait non coordonné équivaut à un désordre stratégique et peut masquer des manœuvres de repositionnement », alerte le Comité. « En l’absence de synchronisation avec le cantonnement des rebelles de l’AFC/M23, les populations civiles restent exposées à une insécurité persistante et le processus de désescalade perd toute crédibilité. »
Pour garantir un processus transparent et vérifiable, le Comité appelle à plusieurs mesures urgentes :
La mise en place d’un mécanisme indépendant de monitoring incluant observateurs internationaux, représentants congolais et technologies de suivi comme les satellites et drones.
La synchronisation stricte du retrait des RDF avec le cantonnement effectif des éléments de l’AFC/M23.
La publication quotidienne d’un rapport détaillé sur le nombre de militaires retirés, leurs points de départ et de sortie, ainsi que leur destination, avec certification officielle.
L’instauration d’un suivi public régulier, via un point hebdomadaire conjoint entre la MONUSCO, la médiation américaine et le gouvernement congolais.
Me Bashombe rappelle que la MONUSCO dispose du mandat de monitoring selon la Résolution 2808 du Conseil de sécurité des Nations Unies : « Elle doit pleinement exercer ce rôle dans un cadre transparent, rigoureux et crédible. Sans coordination, sans transparence et sans vérification indépendante, il n’y aura ni confiance ni stabilité durable. Le peuple congolais a droit à la vérité. »
Le Comité insiste : tout prétendu retrait non documenté risque de tromper l’opinion nationale et internationale, d’affaiblir les efforts diplomatiques et de compromettre la sécurité des populations locales.
Pour le Comité de Crise pour la Paix et la Sécurité, « l’heure est à la vigilance et à l’exigence de transparence totale sur ce processus, dont l’avenir de la paix dans l’est de la RDC dépend ».


