
Le président rwandais Paul Kagame a une nouvelle fois pris position sur les tensions persistantes dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), en rejetant les accusations faisant du Rwanda un acteur central dans l’exploitation des minerais congolais.
Selon lui, le Rwanda serait « le dernier sur la liste » des pays et acteurs économiques intéressés par les ressources minières de la RDC, loin derrière d’autres puissances internationales et régionales.
« Si vous dressez une liste de 100 acteurs intéressés par les minerais du Congo – les États-Unis, la Chine, l’Europe, le Canada et plusieurs pays de la région – le Rwanda arrive en centième position, tout en bas. Ceux qui sont le moins concernés par les minerais sont paradoxalement ceux qu’on accuse pour l’ensemble du problème », a déclaré Paul Kagame.
Des accusations contre les puissances économiques
Le chef de l’État rwandais estime que de nombreux acteurs internationaux tireraient profit de la situation en RDC, tout en influençant le récit médiatique autour du conflit.
« Ceux-là ont le pouvoir des médias, de l’argent, de l’influence, et beaucoup ont même des parts dans des sociétés montées avec le président Félix Tshisekedi. Ils profitent de la mauvaise politique congolaise, mais font du Rwanda le bouc émissaire », a-t-il ajouté.
Selon Kagame, ces puissances économiques et politiques bénéficieraient du désordre dans la région, tout en orientant la narration publique pour détourner l’attention des véritables enjeux structurels liés à la gouvernance en RDC.
Ces déclarations interviennent dans un contexte de fortes tensions diplomatiques entre Kigali et Kinshasa, sur fond de conflit persistant dans l’est de la RDC, où plusieurs groupes armés, dont le M23, sont actifs.
Les autorités congolaises accusent régulièrement le Rwanda de soutenir certains groupes rebelles, des accusations que Kigali rejette systématiquement.
La question des ressources naturelles, notamment les minerais stratégiques comme le coltan, reste au cœur des tensions régionales. L’est de la RDC est l’une des zones les plus riches en minerais critiques, essentiels à la production mondiale de technologies électroniques.
Dans ce contexte, les accusations croisées entre États, groupes armés et partenaires internationaux continuent d’alimenter un climat de méfiance durable dans la région des Grands Lacs.


