
Une nouvelle polémique secoue la scène politique congolaise. Des vidéos jugées compromettantes impliquant Amisi Makutano, député national et président du conseil d’administration de l’Office de gestion du fret multimodal (Ogefrem), circulent massivement sur les réseaux sociaux, suscitant une vague de réactions contrastées et ravivant les tensions au sein de l’Union sacrée.
Selon plusieurs sources concordantes, les images diffusées montreraient le haut responsable dans une situation privée, ce qui soulève immédiatement des interrogations sur les conditions dans lesquelles ces vidéos ont été enregistrées.
Certains observateurs estiment qu’il pourrait s’agir d’un piège. « Après avoir regardé la vidéo de cet homme politique, je peux dire qu’il a été piégé », confie un analyste proche du dossier, pointant du doigt une possible manipulation à des fins politiques.
La thèse d’un enregistrement à son insu est également soutenue par la journaliste congolaise Ruth Mwinda :
« Sur ces vidéos, on peut constater que le PCA de l’Ogefrem, Monsieur Makutano Amisi, a été filmé à son insu alors qu’il dormait. Cela démontre clairement une intention malveillante visant à l’humilier. Courage à ce père de famille. »
Proche d’Augustin Kabuya et considéré jusqu’ici comme un potentiel futur ministre, Amisi Makutano voit désormais son avenir politique s’assombrir. Cette affaire intervient dans un contexte déjà tendu, marqué par des critiques sur ses récentes sorties médiatiques.
Début mars 2026, son passage sur Top Congo FM, où il abordait notamment la gestion de l’Ogefrem et la révision constitutionnelle, avait déjà suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux, certains internautes remettant en question ses compétences.
Aujourd’hui, la diffusion de ces vidéos vient amplifier la pression.
Réactions en cascade dans l’opinion
Sur les réseaux sociaux, les commentaires oscillent entre indignation, ironie et analyse morale du comportement des élites politiques.
Kalala Hervé, observateur engagé, dénonce un manque de prudence :
« Lorsque vous êtes nommé ou que vous dirigez une institution stratégique, il faut éviter certaines situations, notamment avec les femmes. Vous pouvez avoir votre épouse légitime, et même une relation discrète, mais responsable. Aujourd’hui, beaucoup d’hommes politiques tombent parce qu’ils sont trop accros aux femmes. Cela peut bouleverser leur carrière politique. »
Dans un ton plus acerbe, il ajoute :
« Franchement, vieux, avec tout le pouvoir que tu as, tu n’utilises même pas un peu de prudence ? On dirait un enfant de 12 ans. »
D’autres voix évoquent des dimensions plus mystiques ou symboliques, à l’image de Laurent Amisi :
« J’espère que ce n’est pas celui que je pense… Est-ce une frappe de Simon Kimbangu pour le mettre à nu ? »
À Goma, Idris Kisanga critique plus largement le climat politique actuel :
« Le régime actuel est en train de normaliser la bêtise. Le pays est plongé dans des insanités… La bêtise est devenue normale, sans gêne. Le pays mérite mieux. »
Au-delà de la polémique publique, certains témoignages évoquent des tensions internes à l’Ogefrem. Un jeune cadre de l’Ogefrem, sous couvert d’anonymat, affirme :
« Ce sont des cadres de l’Ogefrem qui sont à la base de cette histoire. Ils ont tellement de haine contre sa gestion qu’ils ont décidé de saboter sa personne pour lui faire fuir l’Ogefrem. »
Si cette hypothèse se confirmait, l’affaire prendrait alors une tournure plus grave, révélant des luttes de pouvoir internes au sein de cette institution stratégique.
À ce stade, aucune réaction officielle n’a été enregistrée ni du côté de l’Union sacrée, ni de l’UDPS, encore moins de l’Ogefrem. Aucune mesure disciplinaire n’a été annoncée.
Mais sur le terrain médiatique et numérique, la pression ne faiblit pas. Entre atteinte à la vie privée, instrumentalisation politique et crise d’image, le cas Amisi Makutano illustre une nouvelle fois la fragilité des figures publiques face à l’ère des réseaux sociaux.
Reste à savoir si cette affaire marquera un simple épisode de turbulence… ou le début d’une chute politique.


