
A l’approche de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme, les professionnels de santé du Sud-Kivu tirent la sonnette d’alarme face à la recrudescence des cas de malaria dans un contexte marqué par la précarité économique et les déplacements massifs de populations.
Dans la ville de Bukavu, le médecin traitant Joseph Baraka Musombwa appelle les habitants à renforcer les mesures de prévention, notamment l’utilisation régulière de moustiquaires imprégnées d’insecticide. Selon lui, ces gestes simples restent essentiels pour réduire les risques de contamination, particulièrement en cette période où de nombreuses familles peinent à subvenir à leurs besoins de base.
Le médecin souligne que les populations déplacées vivant dans des camps de fortune figurent parmi les plus vulnérables.
« Ces familles n’ont souvent ni moustiquaires, ni moyens adéquats pour se protéger contre les piqûres de moustiques », déplore-t-il.
Au-delà de la prévention, les défis liés à la prise en charge des malades s’intensifient. Dans la zone de santé de Kalonge, en territoire de Kalehe, les structures sanitaires font face à une rupture préoccupante des intrants médicaux.
Le médecin directeur de l’hôpital général de référence de Kalonge, David Mulongo Musafiri, indique que les cas de paludisme sont en hausse, en particulier depuis l’arrivée de nombreux déplacés en provenance de Bunyakiri et Shabunda.
« Les cas simples sont traités dans les centres de santé, tandis que les formes graves sont référées à l’hôpital. Mais le manque de médicaments complique sérieusement la prise en charge », explique-t-il.
Cette situation met en péril la vie des patients, notamment des enfants et des femmes enceintes, plus exposés aux complications sévères du paludisme.
Les professionnels de santé mettent également en garde contre les pratiques d’automédication et l’usage de remèdes traditionnels non contrôlés, qui peuvent retarder l’accès à des soins appropriés et aggraver l’état des malades.
« Le paludisme reste une maladie grave mais évitable. Sans une intervention rapide, les conséquences pourraient être dramatiques pour les populations déjà fragilisées par la crise », avertissent-ils.
Face à cette situation, les acteurs sanitaires lancent un appel urgent aux organisations humanitaires afin de renforcer l’approvisionnement en médicaments, distribuer des moustiquaires imprégnées et appuyer les campagnes de sensibilisation. Ils plaident pour une réponse coordonnée afin de limiter la propagation de la maladie et éviter une hausse des décès liés au paludisme.
Article produit dans le cadre du projet « Habari za Mahali ». Un projet du consortium RATECO, REMEL-GL avec le soutien de Media4Dialogue de LaBenévolencia.


