
Le territoire de Djugu, dans la province de l’Ituri, a de nouveau sombré dans la violence entre le 28 et le 29 avril 2026.
Des attaques coordonnées ont été signalées à Pimbo et dans la chefferie des Mambisa, faisant au moins 19 morts parmi les civils, selon plusieurs sources locales et communautaires.
Ces nouvelles exactions ravivent les craintes d’une dégradation sécuritaire dans une zone déjà fragilisée par des années de conflits armés et de tensions communautaires.
Une attaque violente sur l’axe stratégique de la RN27
À Pimbo, l’attaque, attribuée à des éléments de la CRP, a ciblé dans la nuit de lundi à mardi une position des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
D’après des sources locales, les assaillants se seraient infiltrés depuis la contrée de Lenga avant de se déployer le long de l’axe stratégique de la RN27, notamment dans les localités de Bb’ssa, Lilo et Mayalibo.
« Des tirs nourris à l’arme lourde et légère ont été entendus tôt le matin, plongeant la population dans une vive inquiétude et plaçant toute la zone en état d’alerte », rapportent des témoins.
Le chef de secteur de Walendu Djatsi, Justin Kiza Gudza, confirme un bilan provisoire d’au moins dix civils tués. Un véhicule militaire aurait été incendié et plusieurs habitations réduites en cendres.
Un bilan corroboré par la société civile locale.
« Jusqu’à présent, nous avons enregistré au moins dix civils tués. Des maisons ainsi qu’un véhicule ont été incendiés, et la population se déplace massivement vers des zones jugées plus ou moins sécurisées », a indiqué Germain Mapasa Mapasa.
À Mambisa, des figures locales parmi les victimes
Presque simultanément, une autre attaque armée a frappé les villages de Tsuba, Lilo 1, Zanyo et Liju, dans la chefferie des Mambisa.
Selon des notables locaux, au moins neuf personnes ont été tuées, parmi lesquelles plusieurs figures influentes de la communauté, dont un chef de village, un responsable religieux et un directeur d’école. Certains auraient été tués aux côtés de leurs épouses.
Là encore, plusieurs habitations ont été incendiées, aggravant une situation humanitaire déjà préoccupante.
Jean-Paul Lonjiringa Dino alerte sur le sort des survivants :
« Plusieurs civils se trouveraient encore en brousse, exposés aux intempéries, à la faim et aux risques sécuritaires. »
Si certains déplacés ont pu être orientés vers le site de Gina avec l’appui de la MONUSCO, de nombreux autres restent sans assistance.
L’armée en alerte, la population appelée à collaborer
Face à cette double attaque, les FARDC affirment avoir lancé des opérations de poursuite contre les assaillants, présentés comme des éléments de la CRP, parfois évoqués comme alliés du M23.
Le porte-parole de l’armée en Ituri, Jules Ngongo, appelle à une implication accrue des populations locales :
« Nous appelons la population locale de Djugu, le long de la RN27, à collaborer et à dénoncer les miliciens de la CRP qui se cachent au sein des communautés. Le contraire, c’est comparable à quelqu’un qui héberge un serpent dans sa propre maison. »
Un territoire sous tension permanente
Ces attaques interviennent dans un contexte sécuritaire particulièrement volatile à Djugu, régulièrement secoué par des violences armées et des déplacements massifs de populations.
Alors que les opérations militaires se poursuivent sur le terrain, les acteurs locaux insistent sur l’urgence d’un renforcement du dispositif sécuritaire, mais aussi d’une réponse humanitaire immédiate pour venir en aide aux milliers de civils affectés.
Dans cette région meurtrie, la peur s’installe durablement, et la population continue de payer le prix fort d’un conflit qui peine à s’éteindre.

