
Une nouvelle opération de bouclage a été lancée tôt ce mercredi 6 août par les rebelles de la coalition AFC/M23 dans le quartier Mabanga Sud, situé dans la commune de Karisimbi, à Goma. Dès l’aube, les habitants ont été contraints de sortir de leurs domiciles pour subir un contrôle d’identité massif au stade de l’Unité.
Ce déploiement s’inscrit dans une série de mesures similaires menées depuis plusieurs semaines par les forces rebelles dans les quartiers de Goma et les localités environnantes.
Il s’agit du sixième bouclage organisé dans la commune de Karisimbi, officiellement présenté comme une riposte à la recrudescence de l’insécurité et à la présence supposée d’éléments armés affiliés aux FARDC, aux Wazalendo ou encore aux FDLR. À l’issue des contrôles menés ce matin, plusieurs arrestations ont été opérées, bien qu’aucune donnée chiffrée n’ait été fournie par les autorités rebelles.
Des blessures par balles et une population inquiète
Des témoins sur place rapportent que deux jeunes hommes ont été blessés par balle après avoir tenté d’échapper à la rafle. Aucun commentaire officiel n’a encore été fait par l’AFC/M23 concernant ces incidents ni le nombre exact de personnes interpellées.
Depuis le lancement de ces opérations, près de 80 personnes auraient été arrêtées à Goma et dans le territoire de Nyiragongo, selon des sources locales. Ces arrestations visent généralement des civils soupçonnés de connivence avec des groupes armés hostiles à la rébellion, instaurant un climat de peur généralisée au sein de la population.
Les ONG alertent sur les risques d’abus
Les défenseurs des droits humains tirent la sonnette d’alarme. Plusieurs organisations locales redoutent des détentions arbitraires, des violations de droits fondamentaux et des traitements inhumains dans un contexte déjà tendu. Les précédentes opérations, comme celle du 3 juillet au marché Kituku de Kyeshero, ont elles aussi été marquées par des arrestations controversées.
Dans cette atmosphère de suspicion et d’insécurité, les habitants de Goma vivent au rythme des bouclages et craignent pour leur liberté et leur sécurité. Face à cette escalade, de nombreux observateurs appellent à une intervention urgente des acteurs régionaux et internationaux pour protéger les droits des civils dans les zones sous contrôle rebelle.

