
En République démocratique du Congo, la question de la sécurité nationale et du soutien aux groupes d’autodéfense dits « Wazalendo » continue de susciter de vifs débats.
Selon des informations attribuées au gouvernement, ces combattants bénéficieraient d’un financement mensuel estimé à environ 4 millions de dollars américains, acheminé via la Réserve de l’Armée et de la Défense (RAD).
Un financement structuré mais controversé
D’après les mêmes sources, la prise en charge financière des Wazalendo reposerait sur deux mécanismes principaux. Le premier consiste en une ligne budgétaire intégrée dans la chaîne des dépenses de la RAD, permettant un financement institutionnalisé. Le second repose sur des fonds spéciaux d’intervention, qui seraient alloués directement à certains responsables ou leaders régionaux.
Ce double circuit de financement illustre, selon plusieurs observateurs, une tentative de formaliser l’appui à ces groupes dans un contexte sécuritaire instable, notamment dans l’est du pays. Les Wazalendo, souvent présentés comme des groupes d’autodéfense locaux, jouent un rôle croissant dans les opérations de soutien aux forces régulières de l’armée congolaise, les Forces armées de la République démocratique du Congo.
Un rapport parlementaire alarmant sur l’état de l’armée
Parallèlement, un rapport de la Commission Défense et Sécurité de l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo dresse un constat particulièrement préoccupant de la situation sécuritaire du pays.
Après avoir auditionné sept membres du gouvernement, les députés décrivent une armée confrontée à de profondes faiblesses structurelles : absence de doctrine militaire claire, logistique obsolète, manque de cohésion interne et fragilité de la chaîne de commandement figurent parmi les principales critiques.
Le document évoque également des problèmes d’organisation persistants, notamment l’absence quasi totale de politique de casernement, ainsi que des risques d’infiltration d’espions au sein des structures militaires. Ces dysfonctionnements, selon le rapport, compromettent la capacité opérationnelle des forces armées dans un contexte de menaces sécuritaires multiples.
La coexistence entre une armée fragilisée et le recours accru à des groupes armés partenaires soulève des interrogations sur la stratégie sécuritaire globale de la République démocratique du Congo. Pour certains analystes, le financement des Wazalendo apparaît comme une réponse pragmatique à l’urgence sécuritaire, mais aussi comme le symptôme d’une dépendance croissante à des structures parallèles.
Dans ce contexte, les conclusions du rapport parlementaire pourraient relancer le débat sur la réforme en profondeur du secteur de la défense, jugée indispensable par plusieurs acteurs politiques et institutionnels.

