
La soirée a basculé rapidement à Uvira. Vers 21 h 12, des sources locales ont signalé l’entrée de l’AFC/M23 dans la cité. Selon ces mêmes sources, le mouvement aurait pris le contrôle des principaux axes, dont la frontière avec le Burundi.
Un changement brusque de situation dans une ville déjà fragilisée par des semaines de tensions et d’incertitudes.
Des témoins affirment que plusieurs autorités locales, des éléments wazalendo ainsi que des membres de l’armée burundaise présents dans la région auraient quitté leurs positions face à l’avancée du mouvement. Une situation qui a donné lieu à une vague de commentaires ironiques, certains rappelant les déclarations antérieures du gouverneur Purusi, qui assurait que «Uvira ne tomberait pas».
Du côté de l’AFC/M23, le discours se veut désormais tourné vers la maîtrise du terrain et la restauration de l’ordre. Corneille Nangaa, coordonnateur politique du mouvement, affirme que ses forces entameront rapidement des opérations pour «mettre fin aux tracasseries» attribuées à certains groupes d’autodéfense et à d’autres acteurs armés locaux. Il soutient également avoir été contacté, selon ses dires, par des habitants de la ville lui demandant d’intervenir pour les «libérer».
«Les désordres qui ont longtemps miné Uvira vont bientôt appartenir au passé, comme cela a été le cas à Goma», a-t-il déclaré.
Sur le terrain, l’incertitude domine. Si l’AFC/M23 affirme consolider ses positions et envisager une poussée vers l’ex-Katanga, aucun bilan indépendant n’est encore disponible sur la situation sécuritaire exacte dans la cité, ni sur les mouvements réels de populations ou de forces en présence.
Les prochaines heures seront déterminantes pour comprendre l’évolution de ce nouveau front dans l’est de la République démocratique du Congo, alors que les habitants d’Uvira sont plongés dans l’inquiétude, entre départ précipité des autorités et arrivée d’un nouvel acteur armé au cœur de la ville.

