
Il était environ 16 h à Uvira lorsque plusieurs détonations d’armes lourdes ont semé la panique dans plusieurs quartiers de la ville. Quelques minutes plus tard, le calme est revenu, mais une tension palpable demeure.
Sur le terrain, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) affirment garder le contrôle de la situation, malgré les tactiques de harcèlement menées par les rebelles du M23, appuyés par l’armée rwandaise selon des sources militaires.
Une source au sein du commandement local explique que les attaques ont été menées à distance, conformément à une stratégie désormais bien identifiée. Les assaillants privilégient l’envoi de drones kamikazes, de bombes piégées et de tirs sporadiques, visant à créer la peur, toucher des civils et pousser les unités au repli.
Un officier déployé dans la zone détaille: «Nous avons découvert leur manière de faire: tuer des civils, créer la panique et pousser l’armée au repli tout en évitant le combat rapproché. Ce jeu est terminé. Nous sommes actuellement au front pour nous rassurer que la population est sécurisée.»
Dans plusieurs secteurs d’Uvira, un important dispositif sécuritaire est visible. Des éléments sont massivement déployés afin de prévenir toute incursion et rassurer la population encore marquée par les événements de l’après-midi.
Des habitants réagissent aussi à cette nouvelle phase d’affrontements. Pour Rachidi Ali, les FARDC viennent seulement de percer une stratégie utilisée depuis longtemps par le M23: «Ils viennent de comprendre leur méthode… Depuis Bunagana, c’est leur stratégie. Ils vont aussi tenter de corrompre des officiers pour se frayer un passage. Voilà l’armée rwandaise.»
Michel Mokaria, originaire de Goma, partage un constat similaire: «De Bunagana à Uvira, c’est à peine que les FARDC viennent de comprendre la stratégie de leurs adversaires. Pathétique.»
Alors que la situation reste sous haute surveillance, les autorités locales appellent au calme et assurent que les opérations se poursuivent pour sécuriser Uvira et ses environs.

