
En visite de travail à Kinshasa, la ministre belge de l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt, a tiré la sonnette d’alarme face à l’augmentation rapide des demandes d’asile en provenance de la République démocratique du Congo.
Selon les chiffres présentés lundi 13 avril 2026, le nombre de demandeurs congolais a doublé en deux ans, passant de 1 250 en 2023 à 2 500 en 2025. La tendance se poursuit en 2026, avec déjà plus de 450 demandes enregistrées au premier trimestre.
Malgré cette progression significative, le taux d’acceptation reste faible. En 2025, seulement 14 % des demandes ont abouti à l’octroi du statut de réfugié.
Interrogée sur le profil des demandeurs — opposants politiques, citoyens ordinaires ou autres catégories — la ministre belge a évoqué une diversité de situations.
« Il s’agit d’un grand nombre de personnes, une grande variété de profils. Et je ne peux que constater que seulement 14 % reçoivent l’asile en Belgique. C’est vraiment un nombre très bas qui obtient effectivement ce statut », a-t-elle déclaré.
Au cœur de son message : un rappel des règles internationales qui encadrent l’octroi de l’asile, notamment celles de la Convention de Genève.
La ministre a insisté sur la distinction entre migration économique et protection internationale.
« Je comprends que les gens souhaitent chercher un meilleur avenir. Mais l’asile n’est pas destiné aux personnes qui cherchent un avenir meilleur pour des raisons économiques ou financières », a-t-elle affirmé.
Avant de préciser :
« Les conditions pour obtenir le statut de réfugié sont clairement définies. L’asile est destiné aux personnes qui risquent des persécutions individuelles et qui craignent pour leur vie, et non pour des raisons économiques ou sociales. »
Une mission diplomatique et de sensibilisation
Il s’agit de la première visite officielle d’Anneleen Van Bossuyt en République démocratique du Congo. Au programme : des échanges avec les autorités congolaises sur les enjeux migratoires, mais aussi une volonté affichée de sensibiliser la population aux risques de l’immigration irrégulière.
« Il est important que chacun comprenne les règles et les réalités de la procédure d’asile », a-t-elle souligné, appelant au respect strict des voies légales.
Cette mission intervient dans un contexte particulier, marqué par des relations historiques étroites entre la Belgique et la RDC, mais aussi par une pression migratoire croissante.
La Belgique accueille une importante diaspora congolaise, composée d’étudiants, de travailleurs et de familles. Toutefois, la hausse récente des demandes de protection internationale traduit une évolution des dynamiques migratoires.
Pour les autorités belges, l’enjeu est désormais double : maintenir un système d’asile conforme aux engagements internationaux tout en maîtrisant une demande en forte augmentation.
« Notre rôle est d’offrir une protection à ceux qui en ont réellement besoin, tout en étant clairs sur les critères », a conclu la ministre.
Un message ferme, adressé autant aux autorités congolaises qu’aux candidats potentiels à l’exil, dans un contexte où la question migratoire s’impose comme un enjeu central des relations entre Kinshasa et Bruxelles.


