
La guerre dans l’est de la République démocratique du Congo prend une nouvelle dimension autour des ressources naturelles. Selon plusieurs sources locales, des ingénieurs rwandais auraient été envoyés par Kigali pour relancer discrètement les activités de l’usine aurifère de Twangiza Mining, actuellement située en zone sous tension.
Une relance malgré les frappes des FARDC
L’usine, localisée dans la chefferie de Lwindi, territoire de Mwenga, avait pourtant été ciblée par l’aviation des Forces armées de la République démocratique du Congo en octobre 2025.
Objectif affiché : empêcher les rebelles du Mouvement du 23 mars, également désignés comme AFC/M23, d’exploiter les installations minières.
Les frappes, menées les 15 puis les 22 et 23 octobre 2025, ont visé des infrastructures stratégiques :
Les réservoirs de carburant
Les groupes électrogènes
Les installations énergétiques de secours
Ces bombardements ont provoqué d’importants dégâts matériels, dont un incendie majeur, paralysant temporairement la production.
Des installations cachées pour contourner les destructions
Malgré ces opérations militaires, la situation sur le terrain aurait évolué. D’après des sources concordantes, deux groupes électrogènes auraient été installés à environ 100 mètres de l’usine, à l’abri des regards.
« Tout est fait pour relancer l’exploitation en toute discrétion, malgré les destructions », confie une source locale.
Ces équipements permettraient de contourner les dégâts infligés aux infrastructures principales et de reprendre progressivement les activités.
Une mine stratégique au cœur des convoitises
La mine de Twangiza, exploitée initialement par une entreprise étrangère, représente un enjeu économique majeur dans la région du Sud-Kivu.
Depuis mai 2025, le site est sous contrôle du M23, et plusieurs rapports évoquent un pillage massif des ressources :
« Au moins 500 kilos d’or auraient été extraits et détournés, pour une valeur estimée à près de 70 millions de dollars », indiquent des sources proches du dossier.
Une situation qui alimente les accusations de financement du conflit par l’exploitation illégale des ressources minières.
Un cessez-le-feu fragilisé
Ces développements interviennent dans un contexte déjà tendu, marqué par un cessez-le-feu fragile dans l’est du pays.
Les frappes des FARDC, bien que stratégiques, illustrent la difficulté à contenir l’expansion des groupes armés et à empêcher l’exploitation des ressources dans les zones sous leur contrôle.
« La mine est le nerf de la guerre dans cette région. Celui qui la contrôle détient un levier financier crucial », analyse un observateur sécuritaire.
Une guerre économique en toile de fond
Au-delà des affrontements militaires, la situation à Twangiza met en lumière une réalité plus large : celle d’une guerre économique où l’or devient un enjeu central.
Les accusations visant Kigali, notamment l’envoi d’ingénieurs pour relancer la production, restent difficiles à vérifier de manière indépendante. Mais elles s’inscrivent dans une série de tensions récurrentes entre la RDC et le Rwanda autour de l’exploitation des ressources naturelles.
Dans ce contexte, la mine de Twangiza apparaît plus que jamais comme un point névralgique du conflit, où intérêts économiques, enjeux sécuritaires et rivalités régionales s’entremêlent dangereusement.


