
L’arrestation de Samson Fabrice, directeur de la radio communautaire FLASH FM de Kamanyola et enseignant de profession, suscite une vive indignation au Sud-Kivu et bien au-delà.
Le journaliste a été interpellé ce mercredi 28 janvier 2026, en pleine salle de classe, par des éléments du M23/AFC, qui contrôlent une grande partie de la région.
Selon plusieurs témoignages concordants, Samson Fabrice a été extrait de force de son lieu de travail alors qu’il dispensait un cours, avant d’être conduit vers une destination inconnue. Il serait actuellement détenu dans un cachot sous contrôle des rebelles rwandais du M23. À l’heure où nous écrivons ces lignes, aucune communication officielle n’a été faite par la rébellion pour justifier cette arrestation.
« On ne peut pas faire sortir un enseignant de sa classe pour l’arrêter sans explication ni respect de sa dignité. C’est une humiliation publique et une violation flagrante des droits humains », dénonce un notable local de Kamanyola.
Un journaliste ciblé pour son expression
D’après des informations recueillies auprès de sources locales, Samson Fabrice serait visé pour avoir partagé, sur son statut WhatsApp, une photo de l’ancien gouverneur militaire du Nord-Kivu, le général Peter Chirimwami, récemment décédé avant la chute de Goma aux mains du M23. Un acte qui relève de la liberté d’expression, mais qui semble aujourd’hui criminalisé dans les zones sous contrôle rebelle.
« Publier une image ou exprimer une opinion ne peut en aucun cas justifier une arrestation arbitraire. Le journalisme n’est pas un crime », rappelle un confrère journaliste de la région.
Une dérive inquiétante contre la presse et l’éducation
Cette arrestation s’inscrit dans un contexte plus large de pressions, d’intimidations et de censures exercées contre les professionnels des médias dans l’est de la République démocratique du Congo. En ciblant à la fois un journaliste et un enseignant, le M23 envoie un message alarmant : ni l’information, ni l’éducation ne seraient tolérées lorsqu’elles échappent à son contrôle.
« L’enseignant et le journaliste ne sont pas vos ennemis. Ils servent la population, ils éclairent les consciences et forment l’avenir », insiste un acteur de la société civile du Sud-Kivu.
Appel à une libération immédiate et sans condition
Face à cette situation, des voix s’élèvent pour exiger la libération immédiate et sans condition de Samson Fabrice. Les organisations de défense des droits humains, les médias congolais et la communauté internationale sont appelés à se mobiliser pour protéger la liberté de la presse et garantir la sécurité des journalistes dans les zones de conflit.
« Détenir un journaliste pour ses publications, c’est faire taire toute une communauté. Nous demandons sa libération immédiate », martèle un communiqué local.
En ces heures critiques, la solidarité reste essentielle. Prions pour ce compatriote congolais, mais surtout, agissons pour que le droit, la dignité humaine et la liberté d’informer ne soient pas étouffés par la peur et la violence.


