Du haut de la tribune des Nations Unies, Felix Tshisekedi”dénonce l’agression de son pays par son voisin le Rwanda sous couvert du mouvement rebelle M23″.
C’est lors de sa prise de parole devant l’assemblée générale de l’ONU. Il réaffirme “la détermination du peuple congolais et de ses dirigeants à défendre l’intégrité de leur pays dans le respect du droit international”.
Son allocution intervient dans un contexte national particulier marqué par l’agression avérée de la RDC par le Rwanda, via le M23, les processus de paix de Nairobi et Luanda ainsi que les tumultes sur le mandat de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation de la République démocratique du Congo (MONUSCO).
Désavouée par une population lassée de voir les Casques bleus camper dans une position d’observateurs, sans résultats probants depuis deux décennies, la mission onusienne attend une issue de sortie honorable de la part de son mandat.
Pour toutes ces problématiques, le Président de la République a , dans son allocution, mobilisé la communauté internationale afin d’obtenir d’elle un soutien multiforme et une réponse claire.
République Démocratique du Congo
CABINET DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE
Directeur du Cabinet
DISCOURS DE SON EXCELLENCE MONSIEUR FELIX-ANTOINE TSHISEKEDI TSHILOMBO, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO A LA 77ème SESSION ORDINAIRE
DE L’ASSEMBLEE GENERALE DES NATIONS UNIES
Monsieur le Président de l’Assemblée générale des Nations Unies,
Monsieur le Secrétaire Général des Nations Unies,
Mesdames et Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement,
Mesdames et Messieurs les Chefs de délégation,
C’est pour moi un grand honneur et un réel plaisir de prendre la parole du haut de cette tribune pour faire entendre la voix de mon pays, la République Démocratique du Congo, sur les principales questions qui préoccupent au plus haut point la communauté internationale actuellement.
Monsieur le Président,
Je voudrais, néanmoins, avant toute chose, vous féliciter pour votre élection à la présidence de la 77ème session ordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies. Je suis convaincu que vous donnerez le meilleur de vous-même pour la réussite de cette session et vous garantistout le soutien de mon pays.
Monsieur le Président,
Les défis majeurs auxquels l’humanité fait face actuellement sont les suivants :
Ces principaux défis sont complexes et intimement enchevêtrés. Conscient de cette réalité, je salue, le choix judicieux et la pertinence du thème central de ces assises, à savoir, « Un tournant décisif : des solutions transformatrices face à des défis intriqués ». A l’évidence, le relèvement de ces défis exige plus deconcertation, plus de coopération et plus de solidarité entre les États et les nations.
Le maintien de la paix et de la sécurité internationales constitue le fondement et l’objectifprimordial de la création de l’Organisation des Nations Unies. Ni l’indifférence, ni l’immobilisme, ni l’attentisme de sa part ne sont, par conséquent, admissibles face à toute menace contre la paix et la sécurité internationales.
À ce jour, la question de la sécurité et de la paix internationales se cristallise autour de la lutte contre le terrorisme ainsi que l’extinction des foyers de tension en Europe et en Afrique.
En effet, le terrorisme n’a épargné aucun continent. Après l’Asie, l’Europe occidentale, l’Amérique du Nord, il se métastase en Afrique où il a allumé le feu à plusieurs endroits, et notre continent en paie un lourd tribut. Au Sahel, à l’Est, à l’Ouest, au Centre et au Sud de ce continent, les terroristes tuent par des expéditions barbares des populations innocentes, et déstabilisent des États au nom de l’intégrisme religieux.
Certes, des progrès remarquables ont été accomplis au Moyen-Orient dans la lutte contre ce fléau qui a battu de l’aile. Cependant, ce fléau est loin de s’essouffler et, encore moins, d’être éradiqué de notre planète.
C’est pourquoi, la République Démocratique du Congo, une des victimes africaines du terrorisme et membre de la Coalition Globale contre l’État islamique, interpelle les Nations Unies et les exhorte à s’impliquer activement dans la mise en œuvre des recommandations de cette Coalition et de celles du processus d’Aqaba. Les déclarations d’intentions et les proclamations de foi sans action collective vigoureuse sur le terrain ne suffiront jamais pour éradiquer le terrorisme.
Monsieur le Président,
Au cœur de l’Europe, la guerre entre la Russie et l’Ukraine est une plaie béante dont le saignement atteint même l’Afrique lointaine et perturbe le commerce international à cause des dégâts collatéraux importants notamment en matière d’approvisionnement en produits céréaliers et énergétiques d’origine ukrainienne et russe, nécessaires à l’alimentation des populations ainsi qu’au fonctionnement des économies des pays importateurs.
Il est impératif que les Nations Unies interviennent avec diligence et plus de fermeté pour éteindre ce brasier et ce, dans le respect absolu des règles du droit international.
La République Démocratique du Congo souscrit à la position de l’Union Africaine et appelle toutes lesparties au conflit à suivre la voie du dialogue et du droit préconisée par l’Afrique qui a, par ailleurs, l’expérience de gestion des crises sécuritaires provoquées par des groupes armés dans certains de ses États.
À ce sujet, les Nations Unies savent que mon pays, la République Démocratique du Congo est victime d’une crise sécuritaire aigue qui dure depuis plus de 20 ans à l’Est de son territoire national.
Tout observateur honnête et de bonne foi reconnait que cette crise est causée principalement par les convoitises que suscitent ses fabuleuses richesses naturelles et les ambitions de puissance de certains de ses voisins.
Le Peuple congolais reconnait l’implication des Nations Unies, de l’Union Africaine, des Communautés régionales africaines, de l’Union européenne et des partenaires extérieurs bilatéraux de la RDC pour juguler cette crise récurrente. Il leur en est reconnaissant et s’incline devant le sacrifice des vaillants soldats de la paix qui ont perdu leur vie au front de la défense des idéaux de paix et de justice.
Cependant, en dépit des efforts internes inlassables, de la présence militaire massive de l’ONU au Congo et de sonsoutien diplomatique pendant 23 ans, le mal sécuritaire continue à ronger mon pays.
Afin d’éradiquer définitivement l’insécurité, restaurer une paix durable et assurer la stabilité à l’Est de la RDC, plusieurs Accords ont été signés avec les groupes armés et même avec les pays voisins sous la garantie de la communauté internationale. Des mécanismes nationaux et internationaux ont été créés. Toutes ces perspectivesde règlement définitif du conflit n’ont duré que l’espace de quelques mois. Vite, l’architecture s’est fissurée et l’édifice s’est écroulé. Et, on recommence toujours avec les mêmes tragédies.
Depuis mon élection à la tête de la RDC, je n’ai eu de cesse de me battre, chaque jour, pour la paix et la sécurité dans les provinces congolaises de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. M’inscrivant dans une philosophie de réconciliation avec nos voisins, je n’ai ménagé aucun effort pour rassurer les Chefs d’État des pays limitrophes et restaurer la confiance entre nous,notamment par la concertation permanente sur des questions d’intérêt commun, la conclusion des accords de coopération sécuritaire et de partenariat économiqueet la réalisation des projets de développement pour nos populations respectives.
En dépit de ma bonne volonté et de la main tendue du Peuple congolais pour la paix, certains de nos voisinsn’ont trouvé mieux que de nous remercier par l’agression et le soutien à des groupes armés terroristes qui ravagent l’Est de la RDC.
C’est le cas actuellement du Rwanda qui, au mépris du droit international, de la Charte de l’ONU et de l’Acte constitutif de l’Union Africaine, a, une fois de plus, non seulement agressé, en mars dernier, la RDC par des incursions directes de ses forces armées, les RDF, mais aussi occupe des localités de la province du Nord-Kivu par un groupe armé terroriste interposé, le Mouvement du 23 mars dit M23, auquel il apporte un soutien massiftant en matériels de guerre qu’en hommes de troupes.
Et, comme pour défier la communauté internationale, le M23 avec le soutien de l’armée rwandaise a même abattu un hélicoptère de la MONUSCO et tué 8 casques bleus, commettant ainsi un crime de guerre.
Je dénonce, en ce lieu emblématique de la vie internationale, avec la dernière énergie cette énième agression dont mon pays est victime de la part de son voisin, le Rwanda, sous couvert d’un groupe terroriste dénommé M23.
Monsieur le Président,
L’implication du Rwanda et sa responsabilité dans la tragédie que vivent mon pays et mes compatriotes des zones occupées par l’armée rwandaise et ses alliés du M23 ne sont plus discutables dès lors que plu

