
À Kinshasa, la société civile congolaise a pris date. Réunie autour du nouveau Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en RDC et chef de la MONUSCO, James Swan, elle a exprimé, sans détour, ses attentes face à l’urgence sécuritaire qui secoue le pays.
Conduite par Me Patient Bashombe, la délégation a engagé un échange qualifié de « constructif », mais marqué par une exigence claire : celle d’une action plus efficace et mieux coordonnée de la mission onusienne sur le terrain.

« Une paix durable exige des actes concrets »
« Nous avons insisté sur la nécessité d’une mise en œuvre plus efficace du mandat de la MONUSCO, notamment en matière de protection des civils et de prévention des conflits », a déclaré Patient Bashombe à l’issue de la rencontre.
Au cœur des discussions : la recrudescence de l’insécurité dans l’Est du pays et les attentes pressantes des populations locales. Pour la société civile, il ne s’agit plus seulement de présence internationale, mais de résultats tangibles.
Les échanges ont également mis en lumière le rôle clé des organisations locales dans les processus de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR).
« La société civile doit être pleinement impliquée dans la sensibilisation des ex-combattants et leur réintégration durable au sein des communautés », a insisté Me Bashombe.
Un point de vue partagé par plusieurs acteurs présents, qui appellent à renforcer les mécanismes d’alerte précoce et à améliorer la collaboration entre la MONUSCO et les structures locales.

Droits humains et lutte contre l’impunité au centre des préoccupations
Au-delà des enjeux sécuritaires, la question des droits humains a occupé une place centrale. Les participants ont plaidé pour une intensification des efforts dans la lutte contre l’impunité et une meilleure protection des défenseurs des droits humains.
« Il ne peut y avoir de paix sans justice. Les victimes attendent des réponses concrètes », a martelé un membre de la délégation.

Un message politique fort : non à la fragmentation du pays
Dans un contexte régional tendu, la délégation a également tenu à adresser un message politique sans équivoque.
« Nous réaffirmons un non ferme à toute tentative de balkanisation ou de soudanisation de la RDC », a déclaré Patient Bashombe, soulignant l’importance de préserver l’intégrité territoriale et la cohésion nationale.
Il a par ailleurs insisté sur la nécessité d’un « dialogue permanent » et non d’un dialogue inclusif de circonstance comme levier de stabilité et de consolidation de la paix.
Cette rencontre, première du genre avec le nouveau chef de la MONUSCO, apparaît comme un signal d’ouverture. Elle traduit une volonté partagée de renforcer le partenariat entre la mission onusienne et la société civile congolaise.
« Cette rencontre marque une volonté commune d’agir pour une paix durable en République démocratique du Congo », a conclu Patient Bashombe.
Reste désormais à transformer ces engagements en actions concrètes. Car sur le terrain, l’urgence, elle, ne laisse aucun répit.


