
Une vive contestation secoue la scène politique du Sud-Kivu. Dans une lettre ouverte adressée au président Félix Tshisekedi, la communauté Lega exprime un désaveu ferme à l’endroit du sénateur Norbert Basengezi Katintima, actuel deuxième vice-président du Sénat.
Le document, signé par la notabilité de cet espace communautaire, dénonce des « manœuvres politiques délétères » et appelle à une vigilance accrue au sommet de l’État.
« Nous dénonçons avec la dernière énergie une politique occulte de division et de prédation qui menace la cohésion sociale au Sud-Kivu », peut-on lire dans cette correspondance, qui met directement en cause le rôle et l’influence de Norbert Basengezi Katintima.
Un passé controversé pointé du doigt
Les signataires évoquent un « passif lourd » associé au sénateur, remontant aux périodes de conflits armés et aux régimes politiques antérieurs. Selon eux, « son nom reste associé à des intérêts miniers et sécuritaires opaques, souvent en collusion avec des influences étrangères ». Une accusation grave qui, si elle n’est pas étayée publiquement par des décisions judiciaires, illustre néanmoins la défiance croissante d’une partie de la population envers l’élu.
Ils ajoutent : « Ses accointances avec des figures de l’ancien régime et des acteurs déstabilisateurs de l’Est de la République sont incompatibles avec la vision de souveraineté portée par le Chef de l’État. »
Accusations de prédation économique
La lettre dresse également un inventaire d’allégations portant sur la gestion des ressources publiques et foncières. Parmi celles-ci figurent des accusations de détournement de biens publics, notamment « le pillage d’engins agricoles du ministère en 2008 », ainsi que des « pratiques foncières illégales » à Bukavu.
Les auteurs dénoncent aussi une « exploitation minière sauvage » dans les territoires de Mwenga et Shabunda, affirmant que certains sites auraient été accaparés « au profit d’intérêts familiaux ».
Au cœur des tensions actuelles figure également la tentative attribuée au sénateur d’imposer Me Jacques Kabe Kankisingi comme représentant des Balega au sein du gouvernement. Une initiative rejetée catégoriquement par les signataires.
« Nous refusons que notre identité soit instrumentalisée par un individu dont le but est de prendre la province en otage pour des intérêts claniques », écrivent-ils, dénonçant un « manque de légitimité populaire » du candidat proposé.
La communauté Lega appelle le président Félix Tshisekedi à ne pas cautionner ces démarches. Elle recommande notamment de « privilégier les élus jouissant d’un ancrage réel » et de « mettre fin à l’utilisation abusive du nom du Chef de l’État à des fins de chantage politique ».
« L’État de droit ne peut se consolider avec des personnalités dont le parcours incarne les dérives que nous combattons », conclut la lettre.
Ce nouvel épisode illustre les fractures persistantes au sein des élites politiques de l’Est de la RDC, sur fond de rivalités d’influence et de contestation de leadership communautaire.


